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             HISTOIRE DE LA COMMUNE

Histoire

Le Molay signifie le lieu où il y a des moulins (du latin mola signifiant meule) et Littry signifie la propriété de Lister (nom de personne roman)[ou pourrait venir du terme leu (signifiant loup au moyen âge) qui a donné litte ("repaire du loup pendant le jour", "endroit où la louve met bas") terme à l'origine aussi du nom du village voisin Litteau et du nom du lieu de la Grande Littée sans parler des multiples dérivés tels que le Loup-Pendu, les Louveaux. Littry est un pur produit de la forêt, non pas de l'actuelle forêt de Cerisy mais de la vaste forêt originelle qui s'étendait sur quelques vingt mille hectares. Les bois d'Elle, de Baugy, du Vernay, du Tronquay, du Quesnay et du Molay n'en sont que modestes résidus.

 

Les premières invasions

Le Bessin a subi à l'image de la capitale des Viducasses, Aregenua (Vieux) ou Augustodurum (Bayeux) des incursions voire invasions de tribus saxonnes à la fin de l'ère romaine. Le Molay, alors simple fortin, eut lui aussi à faire face à ces tribus germaniques selon la légende de l'if du Molay : « Dans le cimetière de l'église du Molay, près de Bayeux est un if commun Taxus baccata remarquable pour son âge, ses dimensions et la disposition de ses branches (...). Ainsi quant à ses origines suivant les uns, le premier if, dont celui-ci ne serait qu'un rejet, aurait été planté sur la tombe d'un chef saxon, tué en défendant le gué du ruisseau du Molay contre un certain Waroc (ou plutôt Waroch Ier), fils de Mailers, comte de Bretagne, en l'an 578 » [3]. Grégoire de Tours désigne d'ailleurs cette peuplade par le terme de "Saxones Baioccassini", plus tard Charles le Chauve dans un des capitulaires confie même la défense de ce territoire à ce groupe "Of lingua saxonis" (de langue saxonne) plus ou moins francisé.

Edmond de Laheudrie confirme : « Selon Grégoire de Tours, d'importantes colonies dites saxonnes existaient dans la région. Chilpéric fit en 578 appel aux Saxons de Bayeux qui furent taillés en pièces par Waroch, comte de Vannes, qui tombant la nuit sur eux en tua la plus grande partie » [4],[5].

 

Les invasions scandinaves

Dès le début du IXe siècle, le Bessin subit les assauts et sacs répétés des Vikings (ou Normands), Bayeux est incendiée par Rollon, les abbayes de Vigor et de Deux-Jumeaux rasées. Après le traité de Saint-Clair-sur-Epte, le roi de France Charles le simple abandonne la Normandie aux scandinaves et revient à la charge de leur chef Rollon de répartir toutes ses terres entre ses compagnons d'armes.

 

Les Molay-Bacon

Le chanoine Guérin dit que, mis en possession de notre Neustrie, Rollon partagea les forêts abandonnées entre ses compagnons d'armes et que « Bacon eut les bois et les marécages sis entre l'Esque et la Tortonne ».

Sans doute d'origine franque ou saxonne, Anquetil Bacon dut être un volontaire et compagnon de fortune de Rollon assoiffé d'aventure et de possible richesse. On ne sait que peu de choses de l'ancêtre de la famille.

Ses successeurs Robert et Roger Ier ont entrepris de relever l'église de Blay, Arcisse de Caumont date celle-ci de la fin du Xe siècle.

 

 

Lieux et monuments

  • Le musée de la Mine a été créé autour d'une « machine à feu » des frères Périer. Véritable chef-d'œuvre de l'art industriel, construite en 1792, cette pompe à feu unique en France, était un puissant engin servant à évacuer l'eau et les remontées de charbon. La galerie de 65 mètres reconstituée en surface témoigne de tous les types de boisage et des techniques d'extraction mises en œuvre depuis le XVIIIe siècle jusqu'aux années cinquante. Le visiteur peut y découvrir l'équipement des mineurs : casques, lampes à carbure, pics, marteaux piqueurs, allumeurs... L'énorme maquette animée d'un carreau minier construite au 1/10 en 1993 par les élèves de l'école des apprentis des mines de Bruay-en-Artois a été offerte par le Conservatoire national des arts et métiers. Elle illustre une activité aujourd'hui totalement disparue en Basse-Normandie.
  • Le musée de la Meunerie (Moulin de Marcy). Jusqu'au début du XXe siècle, trois sortes de grains y étaient encore broyées : le blé, l'orge et le sarrasin.
  • L'église Saint-Clair du Molay, consacrée le 29 octobre 1865, construite à partir du 19 mars 1862 en remplacement de l'ancienne église Saint-Nicolas, convertie en chapelle.
  • L'église Saint-Germain de Littry (peut-être sous le vocable de Saint Germain d'Auxerre qui lutta contre les hérésies dans le Nord-Ouest durant l'antiquité tardive) construite aux XIe - XIIe siècles d'après les niches découvertes pendant des travaux de réfections par des maçons en 1979. Les maçons découvrirent successivement deux piscines ou lavabos de style roman encastrés dans l'épaisseur d'un plein cintre. Subsistent aussi des colonnes avec leurs chapiteaux à godrons d'un style architectural très archaïque. Cet ensemble est à tous points comparable à celui situé dans la chapelle ouest de l'abbaye de Cerisy-la-Forêt[11]. Déjà en son temps, Arcisse de Caumont avait fait mention dans sa Statistique monumentale de l'abside et du portail ouest de l'église.
  • Le château du Molay, tout d'abord motte coiffée de retranchements de charpente de bois, fut construit par Roger II Bacon, seigneur du Molay. « Au haut du petit coteau qui domine la rive gauche du ruisseau du Molay » (il s'agit de la Siette) « et sur le bord même de la route départementale de la mine Littry à Isigny, se trouvent les vestiges du château du seigneur du Molay cité par Wace ».

Activité et manifestations

  • La Fête du Moulin de Marcy a lieu tous les premiers week-ends de mai chaque année. Plus de 40 artisans se retrouvent pour exposer leur savoir-faire. Des démonstrations de danses folkloriques sont aussi prévues tout au long du week-end.